EXTRAIT de la BROCHURE "RADON"
de L'O.M.S.
(avec autorisation de l'Organisation Mondiale de la Santé)
Mécanisme d'action et danger du radon
Ce n'est pas le radon lui-même qui est
directement responsable du risque de cancer du poumon, mais ses produits de
désintégration (on parle aussi de descendants ou
de produits de filiation du radon, page d3), eux-mêmes radioactifs. La
désintégration du radon est rapide et les produits formés peuvent se lier très
vite aux particules présentes dans l'air. Celles-ci sont inhalées et se
déposent à différents niveaux de l'arbre bronchique. En poursuivant leur
processus de désintégration radioactive, certains descendants du radon émettent
des particules alpha de faible pénétration mais d'énergie suffisante pour
atteindre les couches superficielles des cellules qui tapissent l'intérieur des
bronches et des bronchioles.
Des cellules soumises à un rayonnement peuvent être,
selon l'énergie reçue, tuées, stérilisées ou subir une mutation de leur
matériel génétique. Cette mutation peut être le point de départ d'un processus
cancéreux ou faciliter un processus déjà initié par d'autres cancérogènes. Le
risque lié au radon augmente avec la dose. Il dépend de l'intensité de
l'exposition et du temps passé à un niveau donné d'exposition. Ces paramètres
déterminent la quantité (la dose) de particules alpha reçues par les cellules
bronchiques.
Méthodes
et applications des mesures
Pour mesurer les concentrations de radon, il existe
de nombreux types d'appareils basés, pour la plupart, sur la détection des
particules alpha émises en différents points de la chaîne de désintégration du
radon. On peut évaluer globalement le risque pour une zone ou une maison,
diagnostiquer les voies d'entrées du radon dans un bâtiment ou vérifier
l'efficacité des mesures correctives. A chaque type de mesure correspond un
matériel différent.
Il existe des appareils d'évaluation globale du
risque qui sont économiques (Prix généralement inférieur à 20 dollars) et
efficaces. Ils doivent toujours être placés dans les pièces où les gens
vivent (salles de séjour, chambres à coucher) ou travaillent (bureaux ou
ateliers). Leur installation dans des pièces rarement ventilées ou peu
fréquentées ainsi qu'en sous-sol (caves) est à proscrire, les concentrations
mesurées ne refléteraient pas l'exposition réelle des individus.
La liste des fournisseurs peut être
obtenue auprès des autorités sanitaires nationales ou locales ou, à défaut,
auprès des chercheurs ou des spécialistes de ce domaine.
Évaluer
globalement le risque pour une zone ou une maison
Le mode de prélèvement
De nombreuses techniques peuvent être utilisées pour mesurer
la concentration de l'air en radon ou en descendants du radon. Elles peuvent
être classées en trois catégories selon les caractéristiques du prélèvement
d'air. Celui-ci peut être actif ou passif (pas de pompe ni d'alimentation
électrique).
Les techniques de mesure ponctuelle portent
sur quelques minutes ou moins. On effectue ensuite un comptage dans les
meilleurs délais. Dans les techniques de mesure en continu, l'analyse
est réalisée simultanément ou en léger différé. Ces techniques permettent d'enregistrer
les variations temporelles de la concentration. Les mesures intégrées
portent sur une longue période, de quelques jours à une année.
Comme les concentrations de radon varient en fonction
du temps - à l'échelle de la journée -, des conditions météorologiques et de la
saison, une mesure ponctuelle ne donnera qu'un reflet très imparfait de
l'exposition réelle des personnes. Il est préférable, dès lors, d'utiliser un
dosimètre passif qui effectue la mesure en continu. Le dosimètre doit être
laissé en place au moins un mois et, dans l'idéal, un an, ce qui permet
d'intégrer les variations quotidiennes et saisonnières.
Il existe deux types principaux d'appareils :
les détecteurs de traces alpha sont
très simples à mettre en oeuvre. Ils sont économiques : moins de 20 dollars. Le
prix de l'appareil comprend normalement le développement et la lecture du film.
C'est le type d'appareil qui doit être préconisé
pour une utilisation par des particuliers. Les détecteurs à électret à chambre d'ionisation sont bien plus onéreux et plutôt utilisés en
laboratoire.
Lorsqu'on effectue des mesures sur une période
inférieure à un an, il est nettement préférable de le faire pendant la saison
froide où l'on aère moins : le résultat risque
de surestimer quelque peu l'exposition réelle, mais cela vaut mieux
que de la sous-estimer.
Enfin, les mesures doivent s'effectuer dans des
conditions d'occupation des locaux aussi normales que possibles, en particulier
sur le plan de la ventilation (ouverture des portes et des fenêtres). Dans une
campagne de mesures, quel que soit le type de dosimètre utilisé, c'est la main-d'œuvre qui représente
l'essentiel du coût : il faut rémunérer les enquêteurs et
financer leurs déplacements d'un point de mesure à l'autre. Il faut prévoir
deux passages par point de mesure, l'un pour la pose, l'autre pour la dépose du
dosimètre. On peut aussi envisager, cependant, de réaliser l'enquête par voie postale, ce qui exige un important travail
d'explication.
Comment organiser une campagne de mesures
Dans l'idéal, il faudrait pouvoir mesurer chaque
habitation ou lieu de travail. Bien entendu, il faut tenir compte des
considérations budgétaires et, par conséquent, pratiquer les mesures sur un
échantillon. Plusieurs techniques d'échantillonnage sont envisageables. Le
choix de la technique à utiliser dépendra des ressources disponibles, de la
géologie du terrain et du type d'habitat. Dans une zone géologiquement homogène
où le type de construction est relativement uniforme, quelques points de mesure
suffisent. A l'inverse, un territoire où la nature des sols et les types
d'habitat varient grandement requiert un échantillonnage plus dense. Le choix
dépend donc également des données disponibles (cadastre, listes électorales,
fichiers de l'administration fiscale... ). Il est toujours conseillé de prendre
l'avis d'un statisticien ou d'un expert rompu aux questions d'échantillonnage.
Les autorités sanitaires locales sont généralement habituées à traiter ce genre
de questions.
Déterminer les points d'entrée du radon dans un
bâtiment
Ces mesures visent à diagnostiquer, dans un bâtiment,
les pièces par lesquelles l'entrée du radon s'effectue préférentiellement.
Elles permettent aussi de vérifier l'efficacité des mesures correctives
éventuellement prises. On peut utiliser, pour cela,
les appareils déjà cités ainsi que d'autres types de dosimètres ne
pouvant être manipulés que par des professionnels qualifiés. Ici encore, c'est
la main-d'œuvre qui coûte le plus cher.
… pour
vous procurer l'ensemble de la brochure, aller sur le site de l'OMS.